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Le 18 janvier 2016 - 15:15  | Pascale-Julie Robinson, Ostéopathe | Paru dans Bébé 17.2
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Le «syndrome de la bavette»

Le «syndrome de la bavette»

Votre bébé est en parfaite santé, il est né à terme et sans complications. Après l’adaptation des premiers jours, voire des premières semaines, bébé boit, élimine 
et dort par périodes de deux, trois ou quatre heures. Au fil du temps, un inconfort semble s’installer et bébé pleure beaucoup. Parfois, il régurgite en petites quantités, parfois en quantités plus importantes et de façon très variable.

Pourrait-il s’agir de reflux gastro-oesophagiens ?

Et qu’en est-il vraiment de ce que les mamans nomment souvent 
le « syndrome de la bavette » ?

Les régurgitations sont définies comme le rejet du contenu alimentaire de l’estomac par la bouche sans effort de vomissement1. Les régurgitations sont fréquentes dans les premiers mois de la vie, le nourrisson va régurgiter une petite quantité de lait, lors du rôt.

Santé Canada définit le reflux gastro-œsophagien (RGO) comme le passage du contenu de l’estomac dans l’œsophage. Le RGO peut être accompagné ou non de régurgitations. On parle de reflux gastro-œsophagien pathologique uniquement en présence de symptômes ou complications incommodants. 

Chez le nouveau-né et le jeune enfant, on mentionne que les troubles de la régurgitation et le reflux gastro-œsophagien sont des conditions causées par l’immaturité du système digestif à la naissance. Jusqu’alors nourri directement via le cordon ombilical et sa circulation sanguine, l’enfant a très peu fait usage de son tube digestif, et encore moins de son estomac. Les premiers mois, le système digestif est donc en grande période d’adaptation.

Certaines études mentionnent que la fréquence et l’importance du RGO le rendent cliniquement significatif chez presque un enfant sur cinq. Environ la moitié des bébés de trois à quatre mois en santé régurgitent au moins une fois par jour. Cette condition est souvent très inquiétante pour les parents qui se sentent démunis devant l’inconfort de leur enfant et aggravé par le souci d’une prise de poids adéquate.

Comme parent, quels sont les signes à observer 
chez votre enfant qui pourraient orienter vers 
un trouble digestif de type RGO ?

• 
Votre enfant se tortille et démontre de l’inconfort pendant 
les boires

• 
Il est agité, il replie les jambes contre son ventre, pleure et se montre inconsolable jusqu’à ce qu’il émette enfin un gaz ou un rôt

• 
Il refuse de boire ou au contraire demande à boire très 
(trop) fréquemment

• Il voudrait toujours être au sein ou le refuse complètement

• 
Il a des régurgitations immédiatement après le boire ou même quelques heures après

• Il est irritable et a souvent des crises de pleurs sans raison

• Il déglutit presque constamment

• Il mâchouille, bave et fait des bulles de salives

• Il prend des positions d’extension (arque son dos)

• Il est inconfortable couché sur le dos

• Il a un faible gain de poids

• Il présente des signes de douleurs :

     - Pleurs et cris

     - Front plissé, bouche crispée, sourcils froncés

     - Agitation, se raidit, se crispe

     - Attitude inhabituelle, position antalgique

     - Poings crispés

Si votre enfant présente des signes de RGO, il est préférable d’en parler à votre médecin de famille ou pédiatre. Il pourra ainsi confirmer votre doute et vous proposer des solutions. Voici ce qui peut influencer l’apparition de ces signes :

Dans les conditions normales, l’étanchéité de la jonction entre l’œsophage et l’estomac est assurée par le tonus permanent d’un sphincter qui se relâche automatiquement à chaque déglutition. Le reflux gastro-œsophagien peut survenir lorsque ce sphincter se relâche et ne fait pas bien son travail. Toute cette mécanique digestive est grandement influencée, entre autres, par les mécanismes de pression du corps, lors d’un manque de mobilité du tractus digestif, lors d’une mauvaise circulation nerveuse ou artérielle ou lors d’anomalies anatomiques. Les troubles de la posture (torticolis) peuvent aussi avoir une grande influence .

 

Conséquences du RGO :

Le passage trop fréquent ou trop prolongé du contenu de l’estomac dans l’œsophage a un effet très irritant sur la muqueuse œsophagienne qui n’est pas protégée contre cette acidité. À long terme, une inflammation de la muqueuse œsophagienne va s’installer. Cette inflammation est responsable de la douleur ressentie par le nourrisson.

Le RGO peut également se manifester de manière plus atypique et entrainer :

• 
Des affections respiratoires : laryngites, bronchiolites, asthme, de façon répétée

• Une toux survenant surtout la nuit

• Des affections ORL : otites à répétitions, sinusites et laryngites

• 
Une production excessive de mucus ; l’enfant est toujours encombré

 

Évolution et traitements :

Le reflux gastro-œsophagien évolue spontanément vers la guérison avant l’âge de 2 ans, facilitée lorsque l’enfant commence à se tenir debout. Environ 60 % des enfants sont débarrassés de leurs symptômes à l’âge de 18 mois, l’amélioration la plus spectaculaire survenant entre 8 et 10 mois3.

Conseils pour diminuer le RGO :

• 
Coucher votre enfant en position inclinée (à 30 degrés environ par rapport à l’horizontale) en soulevant le matelas de la 
bassinette, par exemple .

• Fractionner ses repas.

• Ne pas lui mettre des vêtements qui compressent le ventre.

• 
Éviter toute position qui pourrait augmenter la pression 
abdominale.

• 
Faire une pause pendant le boire et s’assurer que l’enfant fait un rôt.

• Laisser l’enfant à la verticale après les boires.

• 
Sous supervision, stimuler l’enfant en ventral; en étant couché sur le ventre, un appui bénéfique se fait sur le diaphragme ainsi qu’un allongement de la chaine musculaire antérieure ce qui peut aider à diminuer la pression abdominale et ainsi le RGO.

Si ces conseils sont insuffisants ou si des complications sont à craindre, des examens complémentaires doivent être effectués par votre médecin ou votre pédiatre. Parfois, de la médication peut être prescrite pour diminuer la douleur si tel est le cas et pour réduire les symptômes, souvent préoccupants.

Outre les traitements médicaux et la médication, plusieurs alternatives s’offrent à vous. Différents professionnels de la santé peuvent vous aider, que ce soit par des conseils de positionnement, des conseils en lien avec un allaitement efficace, des conseils alimentaires pour la maman qui allaite ainsi que certains produits naturels qui peuvent être efficaces.

L’ostéopathie

Parmi ses choix, l’ostéopathie est, dans la plupart des cas, très efficace pour diminuer le reflux gastro-œsophagien et les troubles de la régurgitation chez le nouveau-né et le nourrisson. En allant dégager la base du crâne pour libérer le nerf vague (responsable de la conduction nerveuse du système digestif) l’ostéopathe pourra permettre une fonction digestive efficace. De plus, en allant travailler le thorax, les vertèbres dorsales et les côtes, il pourra permettre une bonne mobilité du « contenant » et ainsi permettre une fonction optimale autour de ce système digestif immature. Finalement, en allant travailler le diaphragme, l’ostéopathe aidera à équilibrer les pressions entre le thorax et l’abdomen et ainsi diminuer le RGO.

Maman et papa, soyez rassurés, selon Santé Canada la plupart des nourrissons qui régurgitent ne présentent aucune complication. Par contre, pour le bien-être de votre tout-petit, un travail d’équipe entre maman, papa, bébé et votre professionnel de la santé pourra aider à améliorer la fonction digestive.

Et par la suite… Adieu la bavette !

 

Pascale-Julie Robinson, D.O.

Membre d'Ostéopathie Québec

www.inspirationpilates.ca





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